Le solaire enfichable est devenu bon marché et légal ailleurs en premier. Voici l'histoire de sa propagation, pourquoi il a décollé, et ce qui devrait changer pour qu'un·e Canadien·ne puisse en brancher un. Chaque chapitre est une étape sur le chemin entre aujourd'hui et l'année où vous pourrez acheter un kit dans une quincaillerie canadienne.
Faites défiler pour voir le monde s'allumer, puis atterrir sur le Canada.
L'Allemagne publie VDE-AR-N 4105, la première norme de raccordement réseau pour les producteurs distribués basse tension. Le cadre réglementaire qui permettra éventuellement le solaire enfichable commence à prendre forme.
La capitale de la Corée du Sud lance la politique « Une centrale nucléaire de moins », distribuant des mini-panneaux solaires aux balcons d'appartements. C'est le premier programme à grande échelle de solaire de balcon au monde.
L'Autriche établit un cadre de microgénération à 800 W. L'Allemagne publie la norme VDE permettant le raccordement par fiche-prise des micro-générateurs et fixe la limite à 600 W. Le solaire enfichable est officiellement légal.
L'UE adopte la directive 2019/944, le Paquet énergie propre. Elle définit les « clients actifs » (prosommateurs) et leurs droits à produire, stocker et vendre de l'électricité. L'Espagne abolit la « taxe solaire ». Les fondations juridiques se répandent en Europe.
La Russie envahit l'Ukraine. Les prix de l'énergie européens s'envolent. L'électricité résidentielle allemande dépasse les 30 ¢/kWh. La demande pour le solaire de balcon explose, 128 000 nouveaux systèmes installés en Allemagne. Ce qui était un loisir de niche devient un mouvement de masse.
L'Allemagne adopte Solarpaket I : limite de 800 W, enregistrement simplifié, prise Schuko acceptée, droit de veto du propriétaire supprimé. L'UE adopte la directive 2024/1711 promouvant explicitement le solaire enfichable jusqu'à 800 W. L'Autriche réforme le droit de la copropriété. Les vannes s'ouvrent.
L'Utah devient le premier État américain à légaliser le solaire enfichable, à l'unanimité, dans une législature profondément conservatrice. Le cadrage : droits de propriété et choix du consommateur, pas environnementalisme. Le mouvement traverse l'Atlantique.
Le Marktstammdatenregister franchit le cap d'un million de systèmes solaires enfichables enregistrés. Les chercheur·euses estiment 2 à 4 millions au total en incluant les non-enregistrés. On estime à 4 à 5 millions le nombre de systèmes en service en Europe.
UL Solutions publie UL 3700, la première norme de sécurité nord-américaine pour le solaire enfichable. Elle porte la désignation ANSI/CAN/UL, signalant son applicabilité canadienne. L'Allemagne publie DIN VDE V 0126-95, la première norme de produit au monde.
Le R.-U. annonce la légalisation. Le Maine signe la loi. La Virginie l'adopte dans les deux chambres. Le Colorado la fait passer à la Chambre avec le seuil le plus élevé (1 920 W). DSIRE compte plus de 50 projets de loi dans 29 États plus DC. Le mouvement est un feu de paille législatif.
En un seul printemps, la carte se remplit. L'Utah, la Virginie, le Maine, le Maryland, le Colorado, le Connecticut et le Vermont adoptent tous le solaire enfichable. La loi SUNNY de New York franchit les deux chambres et atterrit sur le bureau de la gouverneure. Plus de deux douzaines d'États étudient encore des projets de loi. De zéro à un mouvement d'un océan à l'autre en à peine un an.
Aucune norme de produit CSA. Aucune voie simplifiée. Aucun système solaire enfichable. Une meilleure ressource solaire que l'Allemagne. Des tarifs d'électricité plus élevés que dans beaucoup de pays européens. Des millions de locataires et copropriétaires exclus. La question n'est pas de savoir si le solaire enfichable viendra au Canada. C'est combien de temps nous attendrons.
Chaque pays sur cette carte est parti d'où le Canada se trouve maintenant. La technologie est éprouvée. Les normes de sécurité existent. Ce qui manque, c'est la volonté politique.
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